dimanche 5 juillet 2015

Vive le Tiurai !

Le mois de juillet est particulièrement attendu car il apporte - en plus d' un climat plus supportable - le Heiva ! 
Le Heiva, c'est LE grand rendez-vous annuel de tous les amoureux de la culture tahitienne. Concours de chants, de danse ou de sports traditionnels (lever de pierre, lancer de javelot, courses de pirogues) battent leur plein. Le soir, sur les parkings, dans les écoles résonnent le son des to'ere des troupes qui se préparent pour le concours. C'est une période culturellement très forte et qui mobilise l’énergie de toutes les familles.


Le site Tahiti-tourisme en parle mieux que moi : 


"L’HISTOIRE DE LA DANSE ET DU CHANT TRADITIONNELS EN POLYNÉSIE EST INTIMEMENT LIÉE AUX HEURTS DE L’HISTOIRE ET TÉMOIGNE DE LA VIVACITÉ DE CETTE TRADITION ANCRÉE DANS LA NUIT DES TEMPS.
D’interdiction en timides autorisations, du silence aux lumières de la scène, le Heiva i Tahiti du XXIème siècle est l’aboutissement de plus d’un siècle de passions et d’entêtement.
En 1819 en effet, le roi Pomare II fraîchement converti au christianisme prend la décision d’interdire toutes les danses et autres « Heiva » (divertissements), soupçonnés d’être des activités à la morale douteuses. Les pasteurs protestants de l’époque tiennent également à faire disparaître toute trace d’expression païenne, et d’autres lois sont édictées par la suite avec la même intention.
Le gouvernement français va pour sa part tolérer ces démonstrations tout en les réglementant rigoureusement. En effet, en 1847 la loi n’autorise plus la danse que dans certains lieux, et le mardi et le jeudi uniquement.
Les danses traditionnelles ne reverront véritablement le jour qu’avec les premières célébrations du 14 juillet en Polynésie en 1881 : le « Tiurai » (de l’anglais « july » qui veut dire juillet) permet alors d’associer les Polynésiens aux réjouissances. Il s’agit à l’époque principalement de défilés militaires, retraites aux flambeaux et autres démonstrations officielles, dans lesquelles le himene – le chant traditionnel – a une place privilégiée qui encourage une expression vivace et intense.  Ainsi en 1881, le premier concours de chant ne réunit pas moins de 30 groupes participants.
Les Tiurai sont souvent les seules occasions pour les populations des archipels de sortir de leurs îles et de se retrouver. La tendance est donc à montrer la plus belle parure, la plus belle pirogue ou le plus beau chant. L’esprit du Heiva moderne est déjà là.
Quant à la danse, il faudra attendre le XXème siècle et notamment l’année 1956 pour que Madeleine Moua et sa troupe « Heiva » révolutionnent l’image du Tiurai en posant les bases du « Ori Tahiti » (danse tahitienne). A partir de 1961, la création de l’aéroport de Faa’a, la mondialisation grandissante et le développement du tourisme vont permettre aux troupes de danser plus régulièrement, voire même de se produire sur des scènes internationales.
C’est en 1985 que le Tiurai perd son nom d’origine pour souligner l’accession du territoire à l’autonomie : il est rebaptisé « Heiva i Tahiti ».
Le Heiva i Tahiti aujourd’hui égraine ses leçons et ses créations, tant en Polynésie que dans le monde. Le ‘ori Tahiti attire à lui des milliers de passionnés en quête de cette expression fascinante de notre culture et loin de détourner de la Polynésie les adeptes de cet art, il en fait le cœur battant et vivant, l’âme essentielle de la danse et de la culture polynésiennes.




Le concours de danse a commencé ce week-end. Cette année, plus de 30 troupes s'affronteront pour remporter le titre de meilleur groupe de chant, de danse, meilleur danseur et meilleure danseuse. 

Vous pouvez voir les époustouflantes prestations des candidats et candidates ici : 

http://www.tntvreplay.pf/HEIVA-2015-Diandra-MAWHINNEY-candidate-1_v3322.html

http://www.tntvreplay.pf/HEIVA-2015-Poehere-WILSON-candidate-6_v3335.html


Une récompense est également attribuée au groupe présentant les meilleurs costumes. Tout est très codifié et les tenues doivent notamment être fabriquées à partir de végétaux. C'est un travail herculéen et qui ne peut se réaliser qu'au dernier moment, pour que les fleurs et les feuilles restent fraîches. 


 source photo tntv.pf


 source photo tntv.pf




source photo tntv.pf


En marge des concours sont aussi organisés des spectacles. Voici quelques images de l'un d'entre eux, organisé par le Conservatoire Artistique, dans le Arahurahu marae, un lieu sacré.
" Ils dansaient, ivres de liberté, dans les montagnes, sous le regard heureux de Temoe, le chef.
E te toa Māmāiā, Ô Intrépides Māmāiā,
Te toa varua mā, A l’âme pure,
E faahanahana tātou, Nous allons célébrer,
E pūpū tātou i te ô Nous allons offrir des dons
I to tātou mau atua, A nos dieux,
Te atua o te reva, Dieux des cieux,
Te atua o te fenua, Dieux de la terre
E te atua o te tai… Et dieux de l’océan…



Il s dansèrent et dansèrent encore, rendant hommage à Ùra-Taetae...
Ùra-Taetae te ruahine Ùra-Taetae est la déesse
Ruahine no te hura Déesse de la danse
Topa te ùnaùna paa Qui tombe la beauté superficielle
Vai tahaa te varua Qui met l’âme à nu
Mais de la joie la vie du clan passa à la tristesse. Il apparut, ce personnage étrange, annonçant un décès. Le deuilleur.
La cérémonie débuta.
...
(source Conservatoire)


Toutes les photos sont de Christian Durocher pour le Conservatoire : 
























Magie et beauté à l'état pur ! C'est le "mana" (le pouvoir) de la Polynésie, une société si forte et si solidaire autour de sa culture traditionnelle...



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