A Tahiti, les mois de juin/juillet ne riment pas avec "vacances", mais avec "concours de danse". Chaque école répète d'arrache-pied pour remporter le(s) titre(s) : meilleur(e) danseur/danseuse, meilleurs costumes, meilleures compositions musicales...
C'est d'autant plus important lorsque l'on sait la place qu'occupe la danse en Polynésie. Ce n'est pas juste un loisir, c'est une partie de l'âme polynésienne. On ne plaisante pas avec le Ori Tahiti.
Aussi, dès 17H, les troupes fleurissent partout, sur les parkings de supermarché, sur les stades, dans les cours d'école...La journée, on peut croiser des pick-up remplis de metua pua et autres auti, végétaux qui vont servir à confectionner les costumes.
Metua pua (fougère poylnésienne)
Auti, qui sert également à emballer ou faire cuire la nourriture
Hommes, femmes, enfants, mamas, papis, tout le monde met la main à la pâte et dans l'air, l'excitation et la frénésie se mêlent aux odeurs de tiare...
Du côté du Conservatoire, les préparatifs vont également bon train ! Voilà plusieurs semaines que l'on répète entre deux et quatre heures tous les jours (parfois entre midi et deux, sous quarante degrés !).
L'ambiance est plutôt festive : on répète dehors, avec les musiciens, les enfants vont et viennent autour (aujourd'hui Paul a perdu sa dent et les autres petits ont essayé avec lui de la retrouver)...les passants s'arrêtent pour admirer ou critiquer ;-)
Vient ensuite l'étape de préparation des costumes ! Jeudi, nous nous sommes donc retrouvées dès le matin...pour transformer ça :
en tenue de gala....
Le matériel de base est toujours le même :
- des feuilles de auti
- des feuilles de metua pua
- du pandanus séché, qui sert de base à nimporte quel type de tressage, comme mon panier ou le chapeau de ma copine par exemple :
Bien sûr, on peut réaliser des costumes bien plus élaborées (des centaines d'heures de travail pour quelques minutes sur scène), avec des fleurs, mais le Conservatoire ne participe pas au concours, donc nous restons basiques...
Première étape, donc : dénerver les feuilles de auti pour qu'elles deviennent souples comme du tissu :
Ensuite, il faut préparer une bande de pandanus, qui va devenir la "ceinture" de la jupe, sur laquelle on va fixer les feuilles de auti. On tresse les extrémités, qui seront nouées quand la jupe sera portée. Et sur la ceinture en elle-même, on coud les feuilles (à l'aide d'une grosse aiguille adéquate et de bolduc, de corde ou de pandanus en guise de fil) :
Ensuite, on s'attaque à la "couronne" de taille. A nouveau, la base utilisée est du pandanus. On le tresse, d'abord seul (ce qui servira à nouer la couronne) puis en insérant des feuilles de metua pua que l'on a préalablement coupées :
Et voilà ! Ensuite, il ne reste plus qu'à danser !










