mercredi 27 février 2013

A écouter


Pour rebondir sur mon billet relatif aux essais nucléaires, voici justement deux "RV avec X" diffusés récemment et que l'on peut réécouter sur le site de France Inter (jusqu'en 2015, alors vous pouvez pas prétexter que vous ne pouvez pas écouter parce que vous avez des chaussettes à repriser) : 

- Les essais nucléaires en Polynésie Française, émission du samedi 23 février 2013

"Rarement a -t-on observé une telle entreprise de dissimulation, [..] il a fallu manipuler et tromper les élus locaux pour obtenir leur accord  on a sciemment menti lorsque les premiers signes de maladies par irradiation sont apparus" nous dit Patrick Pesnot en ouverture de ce document.

http://www.franceinter.fr/emission-rendez-vous-avec-x-les-degats-nucleaires-francais-en-polynesie-2


- Pouvanaa a Oopa, la bête noire tahitienne de De Gaulle


http://www.franceinter.fr/emission-rendez-vous-avec-x-pouvanaa-a-oopa-la-bete-noire-tahitienne-de-de-gaulle-1ere-partie



" Parlementaire puis dirigeant de la Polynésie Française, ses aspirations à l’autonomie et même à l’indépendance de son pays se sont brisées contre la raison d’état… Et surtout contre la volonté française de faire de la Polynésie un champ d’expérimentation de ses armes nucléaires.
Victime d’un procès douteux, Pouvanaa a donc été chassé de chez lui, emprisonné en métropole avant de revenir triomphalement en Polynésie à l’orée des années 70… Sans toutefois obtenir réparation et la satisfaction d’être réhabilité… Ce que réclament toujours ses partisans et sa famille.
Monsieur X revient donc sur le parcours et le combat de cet homme injustement oublié qui a osé défier un autre personnage historique : le général de Gaulle."



lundi 25 février 2013

Fifo suite

Le Fifo est terminé depuis une semaine mais je voulais trouver quelques minutes pour parler d'un autre documentaire qui y a été projeté. Maintenant que j'ai fini d'hiberner à Oulan Bator (où se passe le roman que je viens de terminer d'écrire), je peux vous en parler. 
 "Kanak, l'histoire oubliée" est un documentaire-fiction retraçant quelques mois de la vie de Christian Karembeu, juste avant qu'il ne quitte la Nouvelle Calédonie pour venir passer les tests de sélection au FC Nantes. 
En 1998, on a reproché à Karembeu comme à d'autres, de ne pas avoir chanté la marseillaise. Pour lui en tous cas, ce n'était pas par ignorance. Comme il  l'a expliqué au micro de Polynésie 1°, en 98, il avait encore la "rage" contre l'Etat français. Ne pas chanter la marseillaise était un hommage à ses ancêtres. 

Christian Karembeu est kanak. Ses parents l'ont élevé de manière assez stricte, voire même très stricte, et dans le respect de la famille et des traditions de son peuple.
Le documentaire qu'il nous a proposé se déroule pendant l'été 88. Pour résumer, deux évènements déterminants ont marqué cet été-là :
- pour lui d'abord, la possibilité d'aller en métropole passer les tests de sélection au FC Nantes
- pour la Calédo plus largement, les évènements que l'on sait et qui ont donné lieu à la prise d'otages d'Ouvéa. Une de ses amies manifestantes trouve même la mort devant ses yeux, abattue par les militaires français.

Si l'on se fie au documentaire, Karembeu, 17 ans cette année là, se cherche un peu, pris en étau entre ses parents (pour qui l'indépendance d'une nation passe par l'éducation et non par la violence) et ses amis indépendantistes qui luttent avec les armes et leur colère de se sentir en pays "assiégé".
Karembeu déterre même le secret de son grand-père, parti fièrement en métropole pour l'exposition coloniale de 1931 et dont il apprend finalement qu'il a été exhibé avec une centaine d'autres kanaks, avec la mention "homme antropophage", au jardin d'acclimatation, comme un animal. (Sandrine, je pense que ce sera ça, mon prochain sujet)


Voici l'une des cartes postales d'époque qui sont montrées dans le film : 






De retour au pays, les anciens ont préféré taire cette humiliation pour maintenir la paix dans l’île. 








Bref, on comprend que Karembeu ait été tiraillé entre son avenir personnel et son dégoût envers cette France qui considère les îliens comme des sauvages  et réprime les   manifestations par les armes et le sang.


Sacrée patrie des droits de l'homme. 







Et sinon....ben Karembeu il est suuuuper classieux





dimanche 24 février 2013

Quand même...(vidéo)


Il à à peine 5 ans et demi, mon fils...Je suis fière ! (et puis ça rattrape la gym !)

jeudi 14 février 2013

Fifo

Ce matin, j'ai pris un peu de temps pour aller voir quelques films projetés dans le cadre du toujours excellent FIFO (Festival International du Film documentaire Océanien). 

Trois films en compétition étaient projetés, le dernier m'a particulièrement chamboulée. 
"Aux enfants de la bombe" (JP Desbordes et C.Bonnet) fait état de faits que l'on connait déjà tous, mais ce reportage, par ses images d'archive (filmées par un ingénieur de l'époque, Bernard Esta, mort aujourd'hui d'un cancer imputable aux radiations) et ses témoignages d'une sincérité confondante, est particulièrement remuant. On sort avec la rage au ventre contre l’État français. 
Quelques images en vrac, que je retiendrai pour vous en parler :

- l'"abri" dans lequel on demande aux îliens de s'abriter pendant les essais : un simple hangar de tôle ondulée, à comparer à l'abri réservés aux militaires, une baie plus loin, véritable blockhaus aux murs épais de 90 centimètres. 

- la grande fête préparée pour De Gaulle sur l'île de Mangareva, après un essai atmosphérique. On l'attend comme on attend un chef d'état, on filme les enfants qui répétent une marseillaise apprise par coeur (cette image m'a particulièrement mise ml à l'aise). On se met en quatre pour recevoir le général. Heureusement que quelqu'un sur l'île a un grand lit : c'est la directrice d'école, qui le prêtera pour la nuit. On attend le général, le banquet est prêt, les colliers de fleurs tressés, les ukulélés accordés. On attend encore. Plus tard dans la soirée, on apprend qu'il ne viendra pas : il a été rappelé à Paris. La vérité, c'est que l'état-major lui a déconseillé de se rendre sur place. Les terres ont été contaminées, c'est dangereux. 

- les polynésiens qui ramassent les poissons morts, à mains nues. Les incroyables brûlures bleuâtres dont se couvre leur peau. 

- L'iode qu'on a refusé de donner aux habitants et les notes de service le justifiant...En donnant de l'iode, on risque d'instiller le doute au sein des populations...

- Les dosimètres curieusement bloqués en deçà de la dose reconnue comme dangereuse pour l'organisme

- le paysage de désolation sur les atolls, après les tirs

- les polynésiens qui expliquent, face à la caméra, qu'ils ne comprennent pas pourquoi l'état leur a fait ça. Pourquoi on les a pris pour des cobayes. Pourquoi on a pensé qu'ils ne comptaient pas. 

- Enfin, les médecins qui montrent que la prévalence des cancers (leucémie et thyroïde)  est 20 fois plus nombreuse en Polynésie qu'ailleurs. (je ne sais plus si c'est le chiffre exact mais je me rappelle qu'il était très élevé)



Ce soir, au parc, comme je parlai de ce reportage à une amie qui n'a pas pu venir, un vieux polynésien qui m'écoutait nous a interpellées. Ils nous a dit : "Vous comprenez pourquoi parfois, on est tellement en colère contre la France ? A cause de tout ça ? "


193 essais nucléaires ont été réalisés en Polynésie, de 1966 à 1996. Négligence ou mise en danger délibérée....Quel que soit le cas, je trouve que la dette de l'état français ne s'effacera jamais. 








mardi 12 février 2013

Kung hi fat choy !



Les festivités du nouvel an chinois battent leur plein...Le dragon sillonne la ville et entre dans les magasins pour apporter la bonne fortune pour l'année à venir....