Le ciel était menaçant, mais après tout, j'ai songé que ce n'était pas une petite mouillasse de rien du tout qui allait nous empêcher de repérer une belle robe (que je tâcherai bien de me faire offrir pour Noël, hé, hé, pas folle la guêpe). Je dis nous, parce que ma fille me soutient toujours, c'est ça, la solidarité féminine.(et puis en même temps comme elle n'a que 8 mois, je peux bien lui faire dire ce que je veux).
Bref, à peine étais-je sortie de la librairie (*je suis une fille cultivée*) que VLAN, une radasse nous tombe sur le coin du parapluie. Mais quand je dis radasse, attention, je ne plaisante pas. Rideau. Le genre de pluie qu'en métropole, on n'a pas. Même pas à Besançon, ha ha ha.
Hop, tout en essayant de maintenir mon pauvre petit parapluie métropolitain contre les rafales de vent (à pois, acheté dans un magasin de bijoux, vous voyez le genre), je passe la tête de Dinette sous l'écharpe de portage. Je regarde ma montre (enfin l'horodateur, parce que je n'ai pas de montre) : 15H15, et j'en tire 2 constats :
1. Le temps passe plus vite quand on regarde des robes que quand on les repasse
2. Si je ne me dépêche pas un peu, je vais être en retard à la sortie de l'école de NumberOne.
Me voilà donc sortant de mon abri, bravant les intempéries pour rejoindre l'école Tamanui.
Alors là, je vous laisse imaginer la scène : parapluie méchamment retourné en moins de deux, Dinette en train de se demander depuis quand on prend le bain quand on est dans l'écharpe, Annelise trempée en moins de trois, se disant que voilà, ça lui apprendra à vouloir des robes au lieu de rester bien sagement à la maison pour préparer le dîner des travailleurs (on se croirait dans un conte, un peu, non ?) et que mince, l'école, elle est encore super loin.
Et là, comme dans les contes, donc, un énooooooorme Suv' noir s'arrête à ma hauteur. La fenêtre se baisse et une adorable "demie" (chinoise/polynésienne) me demande si elle peut m'emmener quelque part.
- Oh, mon prince, je vous attendais ! je réponds (enfin à peu près, parce que j'ai bien vu que c'était une fille, quand même), et hop, je monte
Inutile de préciser qu'en métropole, je ne serais JAMAIS monté dans la bagnole d'un inconnu, des fois que je finisse égorgée au fond d'une cave.
La fille, très gentille et qui n'allait pas du tout par là, a fait un détour pour me déposer devant l'école de Paul (alors qu'à l'heure de la sortie, ça bouchonne sévère). Elle m'a même proposé son paréo pour m'essuyer, ce que j'ai refusé, honteuse que j'étais d'être aussi boueuse.
En descendant de la voiture, je l'ai remerciée à peu près 968 fois.
Et je suis allée récupérer Paul, le coeur tout léger de cette simplicité et de cette gentillesse juste gratuite.










