mercredi 29 juillet 2015

Maupiti

Nous voilà de retour d'une petite semaine de vacances dans les îles ! 
Cette fois, nous étions à Maupiti (prononcez Maopiti). 





Maupiti est l'île la plus au Nord de l'archipel de la Société. On s'y rend donc en avion, ce n'est pas très long (à peine le temps de faire réciter la table de 4 sans erreur...quoique cette durée soit relative en fonction du gamin et du nombre de prétextes qu'il est capable d'inventer pour se défiler.)



Bref, une heure et quelques inventions mnémotechniques plus tard  ("4 x 4 ça fait 16, pense au 4*4" celle-ci est de Nicolas, ne cherchez pas le rapport entre un 4*4 Toyota et le nombre 16, il n'y en a pas...heureusement qu'il n'est pas instituteur), nous voici arrivés à bon port.
A peine débarqués de l'avion, on retrouve la luminosité propre aux îles (Elles sont où tes lunettes ? Comment ça dans l'avion ? Non tu ne peux pas fermer les yeux pendant une semaine entière..ni utiliser ton masque de plongée...Bon, j'y retourne, quoi!)

Coco (un prénom prémonitoire), qui travaille dans la pension où nous allions, nous attendait, sourire aux lèvres et colliers de tiarés à la main. 




En bateau, il nous a conduit à bon port, à la pointe Ta'atoi. 




Et nous y avons passé quelques jours inoubliables, à la tahitienne, loin de la "civilisation" : pour vous donner un ordre d'idée, à Maupiti, il n'y a ni médecin, ni pharmacie ( "t'as pris le smecta ?" "ouais c'est bon" ). Les magasins se comptent sur le doigt de la main et une après-midi, comme je voulais changer un peu de la bière ou de l'eau de coco, j'ai enfourché mon vélo pour aller acheter un coca Zéro. 
" Un coca zéro ? Tu veux dire PAS sucré ? iiii-aaa, personne ne boit ça ici, pai !" m'a-t-on répondu, l'oeil moqueur... :-) Alors ne comptez pas y trouver des graines de chia, hein. 
Mais bref, comme le coca zéro n'est pas vital non plus, je suis repartie avec des fruits cueillis sur le chemin ! Et je me suis remise à l'eau de coco (qui est bien meilleure que le cocachimique, cela va sans dire, d'ailleurs). 




A la pension, nous avons :


- joué au javelot traditionnel, le but (impossible pour nous pauvres popaas malhabiles) de planter le javelot dans une coco située à 10 mètres en hauteur...


- cassé une coco à mains nues (après l'inévitable  "mais bien sûr", Nico a essayé et oui, comme c'est un warrior, il a réussi sans se casser les phalanges ! Du coup, il était tout content..."hé les enfants, vous voulez pas une eau de coco, là, hein ? Non ? Mais si, faut s'hydrater ! Allez venez je vais en casser une, vous voulez voir ? ")


- râpé des cocos, râpé des cocos, raco des popés...




Bon, il avait oublié de mettre l'autre moitié de coco en dessous ! 







elle aussi ! quelle bande de mauvais maohi !






- tressé des couronnes de fleurs





Celle-là c'est la mienne..pas trop mal je trouve ! 



- défié les tahitiens au lever de pierre (Coco porte 150 kilos. Pour ma part j'aurais bien voulu essayer mais pensez-vous j'avais oublié mon paréo, c'est bête)







- nagé avec des raies manta, qui se retrouvent tous les jours dans un spot "station de nettoyage" où elles viennent se faire déparasiter par de petits poissons dont c'est le job...











- tenté (sans succès) d'éviter les moustiques




- fait les beaux dans l'eau turquoise 











- revisité des jeux de société 


de retour à Tahiti, on a compris, vu l'odeur,
que certains coquillages devaient encore être habités....




- fait du vélo 































- péché des poissons au filet, à 2 mètres du bord


Paul revient avec sa pèche miraculeuse dans son seau vert 


En milieu de semaine, nous avons aussi participé à une journée festive organisée par les pensions de l'île. 
Au programme (on avait de l'entrainement) : lancé de javelot, cassage de coco, tressage de couronnes, course de porteurs de fruits. Grâce à la foulée aérienne de Nico, nullement entravé par son petit paréo, nous avons gagné haut la main ! 

Pour le déjeuner, un four tahitien avait été préparé. Il s'agit d'un trou dans lequel on fait cuire les aliments à l'étouffée, dans des feuilles de bananiers. Il y avait du cochon et du poulet, de la banane fei (plantain), du uru (le fruit de l'arbre à pain), du bénitier au lait de coco et du poe manioc. Le tout, avec les mains (pas lavées depuis le matin...euh, vous n'auriez pas un peu de gel hydroalcoolique quelque part au milieu du tas de cocos ? non ? ha bon spa grave)


non mais qui c'est cette grande cuissée ? 










Bref, c'était top ! A part la dernière nuit où Diane a vomi plusieurs fois...On se retrouve un peu démuni, à 2H du matin, quand on n'a rien pour nettoyer ("Je peux prendre ton short de course, nico ? De toute façon il est moche") et pas de draps de rechange...Mais c'est pour le côté "roots" des vacances, ça....Et puis on en a vu d'autres ! On s'est rendormis et on a attendu le lendemain, après le petit dej', pour nous y coller ("c'est ton short, c'est toi qui nettoie" Non, en vrai on a partagé, lui le mur et le sol et moi les draps)




Bonus !


En déchargeant les photos, nous avons trouvé quelques clichés intrus réalisés par Diane, qui nous a piqué l'appareil en douce....
Déjà adepte des selfies, misère, j'ose à peine imaginer son mur facebook quand elle aura 15 ans...




"je faisais un clin d'oeil, là "



lundi 20 juillet 2015

Quelques stages avant les vacances dans les îles !

Pendant les vacances, beaucoup d'activités sont proposées aux enfants (pour éviter aux mamans de fratries excitées de faire un burn-out domestique). 

Paul a donc fait un stage de théâtre, un stage de poterie et un stage d'arts plastiques. Le stage de surf a été annulé pour cause de mauvais temps (et oui, cela arrive).
Diane, elle, a enchaîné deux semaines de stage de danse tahitienne, elle est totalement fan ! D'autant que son professeur est la belle Hinavai, lauréate 2015 du très prestigieux concours de la Meilleure Danseuse. 




Autant vous dire que Nicolas ne s'est pas fait prier pour aller récupérer Diane à la fin de ses cours...

(crédit photos La Dépêche de Tahiti)




Vendredi dernier, nous sommes donc allés voir son petit spectacle ! En voici un extrait : 

(cliquez sur le lien Youtube ci dessous)

https://youtu.be/u1d7j-y5lS0



Quant à moi, je suis également allée me défouler à la danse ! Voici la chorégraphie du Aparima (danse au rythme lent, généralement chantée. Les paroles sont mimées par les gestes réalisées / apa : geste, rima : mains) que nous avons appris ! 


(cliquez sur le lien Youtube ci dessous)

http://youtu.be/_batAOnWFME.


Je vous apprendrai quand nous rentrerons ;-) 



 je floute les copines qui n'ont pas demandé à être sur notre blog, exposées au monde entier (aheum)




dimanche 5 juillet 2015

Vive le Tiurai !

Le mois de juillet est particulièrement attendu car il apporte - en plus d' un climat plus supportable - le Heiva ! 
Le Heiva, c'est LE grand rendez-vous annuel de tous les amoureux de la culture tahitienne. Concours de chants, de danse ou de sports traditionnels (lever de pierre, lancer de javelot, courses de pirogues) battent leur plein. Le soir, sur les parkings, dans les écoles résonnent le son des to'ere des troupes qui se préparent pour le concours. C'est une période culturellement très forte et qui mobilise l’énergie de toutes les familles.


Le site Tahiti-tourisme en parle mieux que moi : 


"L’HISTOIRE DE LA DANSE ET DU CHANT TRADITIONNELS EN POLYNÉSIE EST INTIMEMENT LIÉE AUX HEURTS DE L’HISTOIRE ET TÉMOIGNE DE LA VIVACITÉ DE CETTE TRADITION ANCRÉE DANS LA NUIT DES TEMPS.
D’interdiction en timides autorisations, du silence aux lumières de la scène, le Heiva i Tahiti du XXIème siècle est l’aboutissement de plus d’un siècle de passions et d’entêtement.
En 1819 en effet, le roi Pomare II fraîchement converti au christianisme prend la décision d’interdire toutes les danses et autres « Heiva » (divertissements), soupçonnés d’être des activités à la morale douteuses. Les pasteurs protestants de l’époque tiennent également à faire disparaître toute trace d’expression païenne, et d’autres lois sont édictées par la suite avec la même intention.
Le gouvernement français va pour sa part tolérer ces démonstrations tout en les réglementant rigoureusement. En effet, en 1847 la loi n’autorise plus la danse que dans certains lieux, et le mardi et le jeudi uniquement.
Les danses traditionnelles ne reverront véritablement le jour qu’avec les premières célébrations du 14 juillet en Polynésie en 1881 : le « Tiurai » (de l’anglais « july » qui veut dire juillet) permet alors d’associer les Polynésiens aux réjouissances. Il s’agit à l’époque principalement de défilés militaires, retraites aux flambeaux et autres démonstrations officielles, dans lesquelles le himene – le chant traditionnel – a une place privilégiée qui encourage une expression vivace et intense.  Ainsi en 1881, le premier concours de chant ne réunit pas moins de 30 groupes participants.
Les Tiurai sont souvent les seules occasions pour les populations des archipels de sortir de leurs îles et de se retrouver. La tendance est donc à montrer la plus belle parure, la plus belle pirogue ou le plus beau chant. L’esprit du Heiva moderne est déjà là.
Quant à la danse, il faudra attendre le XXème siècle et notamment l’année 1956 pour que Madeleine Moua et sa troupe « Heiva » révolutionnent l’image du Tiurai en posant les bases du « Ori Tahiti » (danse tahitienne). A partir de 1961, la création de l’aéroport de Faa’a, la mondialisation grandissante et le développement du tourisme vont permettre aux troupes de danser plus régulièrement, voire même de se produire sur des scènes internationales.
C’est en 1985 que le Tiurai perd son nom d’origine pour souligner l’accession du territoire à l’autonomie : il est rebaptisé « Heiva i Tahiti ».
Le Heiva i Tahiti aujourd’hui égraine ses leçons et ses créations, tant en Polynésie que dans le monde. Le ‘ori Tahiti attire à lui des milliers de passionnés en quête de cette expression fascinante de notre culture et loin de détourner de la Polynésie les adeptes de cet art, il en fait le cœur battant et vivant, l’âme essentielle de la danse et de la culture polynésiennes.




Le concours de danse a commencé ce week-end. Cette année, plus de 30 troupes s'affronteront pour remporter le titre de meilleur groupe de chant, de danse, meilleur danseur et meilleure danseuse. 

Vous pouvez voir les époustouflantes prestations des candidats et candidates ici : 

http://www.tntvreplay.pf/HEIVA-2015-Diandra-MAWHINNEY-candidate-1_v3322.html

http://www.tntvreplay.pf/HEIVA-2015-Poehere-WILSON-candidate-6_v3335.html


Une récompense est également attribuée au groupe présentant les meilleurs costumes. Tout est très codifié et les tenues doivent notamment être fabriquées à partir de végétaux. C'est un travail herculéen et qui ne peut se réaliser qu'au dernier moment, pour que les fleurs et les feuilles restent fraîches. 


 source photo tntv.pf


 source photo tntv.pf




source photo tntv.pf


En marge des concours sont aussi organisés des spectacles. Voici quelques images de l'un d'entre eux, organisé par le Conservatoire Artistique, dans le Arahurahu marae, un lieu sacré.
" Ils dansaient, ivres de liberté, dans les montagnes, sous le regard heureux de Temoe, le chef.
E te toa Māmāiā, Ô Intrépides Māmāiā,
Te toa varua mā, A l’âme pure,
E faahanahana tātou, Nous allons célébrer,
E pūpū tātou i te ô Nous allons offrir des dons
I to tātou mau atua, A nos dieux,
Te atua o te reva, Dieux des cieux,
Te atua o te fenua, Dieux de la terre
E te atua o te tai… Et dieux de l’océan…



Il s dansèrent et dansèrent encore, rendant hommage à Ùra-Taetae...
Ùra-Taetae te ruahine Ùra-Taetae est la déesse
Ruahine no te hura Déesse de la danse
Topa te ùnaùna paa Qui tombe la beauté superficielle
Vai tahaa te varua Qui met l’âme à nu
Mais de la joie la vie du clan passa à la tristesse. Il apparut, ce personnage étrange, annonçant un décès. Le deuilleur.
La cérémonie débuta.
...
(source Conservatoire)


Toutes les photos sont de Christian Durocher pour le Conservatoire : 
























Magie et beauté à l'état pur ! C'est le "mana" (le pouvoir) de la Polynésie, une société si forte et si solidaire autour de sa culture traditionnelle...