lundi 25 février 2013

Fifo suite

Le Fifo est terminé depuis une semaine mais je voulais trouver quelques minutes pour parler d'un autre documentaire qui y a été projeté. Maintenant que j'ai fini d'hiberner à Oulan Bator (où se passe le roman que je viens de terminer d'écrire), je peux vous en parler. 
 "Kanak, l'histoire oubliée" est un documentaire-fiction retraçant quelques mois de la vie de Christian Karembeu, juste avant qu'il ne quitte la Nouvelle Calédonie pour venir passer les tests de sélection au FC Nantes. 
En 1998, on a reproché à Karembeu comme à d'autres, de ne pas avoir chanté la marseillaise. Pour lui en tous cas, ce n'était pas par ignorance. Comme il  l'a expliqué au micro de Polynésie 1°, en 98, il avait encore la "rage" contre l'Etat français. Ne pas chanter la marseillaise était un hommage à ses ancêtres. 

Christian Karembeu est kanak. Ses parents l'ont élevé de manière assez stricte, voire même très stricte, et dans le respect de la famille et des traditions de son peuple.
Le documentaire qu'il nous a proposé se déroule pendant l'été 88. Pour résumer, deux évènements déterminants ont marqué cet été-là :
- pour lui d'abord, la possibilité d'aller en métropole passer les tests de sélection au FC Nantes
- pour la Calédo plus largement, les évènements que l'on sait et qui ont donné lieu à la prise d'otages d'Ouvéa. Une de ses amies manifestantes trouve même la mort devant ses yeux, abattue par les militaires français.

Si l'on se fie au documentaire, Karembeu, 17 ans cette année là, se cherche un peu, pris en étau entre ses parents (pour qui l'indépendance d'une nation passe par l'éducation et non par la violence) et ses amis indépendantistes qui luttent avec les armes et leur colère de se sentir en pays "assiégé".
Karembeu déterre même le secret de son grand-père, parti fièrement en métropole pour l'exposition coloniale de 1931 et dont il apprend finalement qu'il a été exhibé avec une centaine d'autres kanaks, avec la mention "homme antropophage", au jardin d'acclimatation, comme un animal. (Sandrine, je pense que ce sera ça, mon prochain sujet)


Voici l'une des cartes postales d'époque qui sont montrées dans le film : 






De retour au pays, les anciens ont préféré taire cette humiliation pour maintenir la paix dans l’île. 








Bref, on comprend que Karembeu ait été tiraillé entre son avenir personnel et son dégoût envers cette France qui considère les îliens comme des sauvages  et réprime les   manifestations par les armes et le sang.


Sacrée patrie des droits de l'homme. 







Et sinon....ben Karembeu il est suuuuper classieux





2 commentaires:

  1. Oh la vache, j'en ai l'estomac noué !
    Oui, tu as raison, c'est ce sujet-là que tu dois écrire.

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  2. Il y a aussi un bouquin de Daeninckx, qui raconte l'aventure de ces Kanaks, c'est un très beau livre...
    http://livre.fnac.com/a785876/Didier-Daeninckx-Cannibale

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