Vous voulez que je vous raconte ma semaine de maman célibataire (l'homme ayant lâchement abandonné sa marmaille pour le gris de Paris) ?
Comme sur des roulettes.
Dimanche, chaud et ensoleillé :
6H. Aéroport. Après avoir formulé ses recommandations d'usage, l'homme s'en va.
A peine a-t-il tourné les talons de ses tongs que Nain n°1, qui se fiche pas mal des recommandations, se métamorphose en odieuse petite punaise.
(Aaah, l'absence de la figure paternelle...)
En même temps c'est pas de sa faute, c'est vrai, tout est trop nuuuul dans cette maison, surtout les parents, enfin celle qui reste (7H12 du matin, la journée commence bien) et d'ailleurs si ça continue il va prendre son baluchon et partir chez son copain Manuarii.
Malgré tout, la bonne volonté de la maman n'est pas encore entamée. Pensez donc, elle en a vu d'autres.
A midi, c'est parti, j'emmène donc les deux monstres au restaurant où je dois retrouver des amis et leurs enfants.
Diane, exquise, profite du repas pour parfaire son entrainement de lancé de kiri ("naaaaaaan !") ou carrément d'assiette, quand y'a plus de kiri. Paul est aussi poli qu'un tournevis rouillé et de fort agréable compagnie avec les autres enfants :
- Ah ouais, tu prêtes pas ton camion ? Tiens !
(et vlan, un coup sur la tête).
Au bout de 4 ou 5 agressions et autant de (vains) recadrages maternels, la maman est mi- morte de honte, mi-morte de rage (et aussi mi-couverte de kiri).
Après cette mise en bouche, nous arrivons à la maison pour une partie de baignade.
Et la bonne ambiance de continuer.
Même l'arrivée du gâteau Sam-sam ne parvient pas à calmer les esprits (enfin surtout celui de Paul). Confiscation du parasol en papier pour que le goûter ne tourne pas au duel sanglant.
Vers 18H, les copains s'en vont.
Et Paul de me regarder avec son oeil noir :
" Oh c'est nuuuul ! Ils sont pas restés longtemps ! "
Lundi, chaud et ensoleillé :
Note pour plus tard : ne pas se lancer dans la préparation de repas compliqués quand on est seule avec 2 machins. L'évier rempli de vaisselle + le bébé qui braille + les pieds qui collent (rapport au gratin que Diane a flanqué par terre) + le grand qui gémit je trouve pas mon dentifriiiiiiiiice = pas bon.
Mardi, chaud et ensoleillé :
14H30 : En sortant de la garderie, j'emboutis la voiture de la voisine, sous le regard amusé et autres "oh là làààààà !" des riverains.
18H30 : bain des enfants.
18H35, Diane, qui a décidé qu'elle était certainement assez propre comme ça, débarque à la cuisine, nue comme un ver et souriante comme un petit soleil, suivi de Paul dans son slip italien.
Je mets mes carottes sur le feu et gazouille un "Attends ma miette, je vais te mettre une couche".
Sauf que.
Paul a tripatouillé la poignée de la salle de bain. Et la porte ne s'ouvre plus. Mais alors plus du tout du tout.
Me voilà lancée à la recherche du sésame (interrompue par une odeur de grillé, flûte je crois que le repas est en train de brûler).
Je jette les carottes carbonisées, tant pis il reste de la mousline, et je trouve les clés (merci à mon homme qui est très organisé).
Sur le trousseau, il y a 7 clés. Dans la maison, il y a 8 portes.
Vous avez deviné celle qui manque.
Diane est toujours cul nul, normal, vu que les couches sont dans la salle de bains des enfants, (comme le tableau avec les plombs, qui sautent très souvent, j'avoue que c'est plutôt ça qui m'ennuie, dans cette histoire). En même temps, relativisons, ça aurait pu être pire, l'eau du bain aurait pu continuer à couler ou Diane aurait pu être enfermée dans la salle de bain (auquel cas j'aurais attaqué la porte à la hache).
Allez hop, j'enfile un short à la petite et je demande à Paul (enfin je crie) de s'habiller et je traîne les gamins au supermarché pour acheter des couches, Diane braillant parce qu'elle veut manger et Paul aussi, parce qu'il s'est fait engueuler.
Mercredi, chaud et...bon vous savez.
Après une journée passée à essayer de trouver un serrurier ("Ben non copine, je me déplace pas ! Mais t'as qu'à démonter la serrure ! "), le salut se présente enfin, aux alentours de 18H30, dans la personne de notre propriétaire. Vérification faite, il avait 2 clés de la salle de bain des enfants.
Allez, pour la suite, je fais rapide.
20H30 : la maison est calme. Une fois n'est pas coutume, je vais regarder la télé, ça me fera de la compagnie (de plus de 5 ans.)
20H32 : Finalement je vais peut-être aller me coucher, vu que l'écran de télé vient d'exploser.
Jeudi
2H du matin : Diane re-re-pleure (je vous passe les réveils "normaux" de 21H, 23H et 1H)
J'arrive dans sa chambre. Une odeur, comment dire, très peu engageante, me chatouille les narines.
Je m'approche et je constate l'étendue des dégâts. Il y a des brocolis (et de la cancoillote) partout dans le lit.
* changement de draps - nettoyage de la gamine*
3H et des brouettes : misère, elle pleure de nouveau.
* re-changement de draps -re- nettoyage de la gamine, plus jamais je n'achète de la cancoillotte à l'ail, c'est décidé *
Pour résumer, entre 2H et midi, elle a vomi 8 fois, je crois que tous les tapis y ont eu droit.
Et Paul de me dire, au petit-déjeuner :
- Mamaaaaan...j'ai maaal au veeentre.
Vendredi
5H45 : Réveil de Diane (Record de grasse matinée battu, d'habitude c'est plutôt entre 5H et 5H20)
Je me lève, plutôt contente, vu qu'elle s'est réveillée seulement 2 fois cette nuit
Paul, qui est déjà à la cuisine pour mettre la table, me crie :
- Hé, maman, tu viens ? Faut attraper les petits vers ! Y'en a plein par terre !
18H : Paul a mal à l'oreille. Je m'en vais chercher mon otoscope (oui, j'ai pas de mixer ni de robot machin-truc, mais j'ai un otoscope).
La belle otite !
Samedi
Rien ! A part une araignée grosse comme la main dans la cuisine. En même temps, moi, tant que personne ne vomit, rien ne peut entamer ma bonne humeur....En plus je viens de recevoir mes exemplaires d'Olaf, le géant mélomane, et le CD est génial, mais j'imagine que vous le savez, vu que vous l'avez certainement déjà acheté (ha ha).
Voilà ! Allez, ça aurait pu être pire.
Mais bon, ce matin à 6H, j'étais contente d'être à l'aéroport.

Allez, cette semaine, pas de vomito, pas d’œil noir, pas de vers dans la cuisine... Bref, ça va être le bonheur, un peu !
RépondreSupprimer(Enfin, c'est tout le mal que je te souhaite !)
ma pauvre, tu vas très certainement être grandement récompensée pour tout ça...(je suggère une semaine de farniente SANS ENFANT avec des copines)
RépondreSupprimerMarine,j'en rêve...Je rentre en vacances dans un mois, je file les gamins à mes parents et je rattrape mon retard de ciné et restaurant !
RépondreSupprimer